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3. GESTION PASSEE.

3.1 TRAITEMENTS SYLVICOLES.

3.1.1 Traitements antérieurs.

La Forêt de Breitenbach semble avoir toujours été composée essentiellement de
résineux, et donc de tous temps traitée en futaie. Avant 1806, elle faisait partie des forêts
indivises de la Vallée de Munster, dont le mode de traitement était le jardinage.
Bien qu'il n'existe pas de trace d'un aménagement antérieur à celui de 1886, il est
probable que la forêt ait été aménagée en 1870 d'après les plans de la forêt qui portent tous
cette date et dont le parcellaire seul a été modifié en 1886.
L'aménagement de 1886 a été révisé en 1898, 1926, 1953 et 1974, toujours par la
méthode de la futaie régulière à groupe de régénération strict, ou équivalent, sauf pour la
période 1926 - 1949 où les parties hautes des parcelles 29, 32, 33 et 35 ont formé une 2ème
série de futaie jardinée.


3.1.2 Dernier aménagement forestier.

Le dernier aménagement, approuvé par arrêté du Ministre de l'Agriculture en date du 19
décembre 1975, avait une durée d'application prévue de 20 ans (1975 - 1994).
La forêt, composée d'une série unique de 537,48 ha, devait être traitée en futaie régulière
par la méthode du groupe de régénération strict. La surface à régénérer était de 114 ha, avec
une possibilité volume annuelle de 2 420 m3 aménagement. La possibilité indicative annuelle
du groupe d'amélioration était de 1 350m3 aménagement. Le tarif appliqué était le tarif Alfan
11.
Le volume commercial annoncé était identique au volume aménagement. Les prévisions
de récolte s'établissaient donc, pour toute la forêt, à 3 770m3, soit environ 7 m3/ha/an.

Application de l'aménagement.

Dès 1981, soit au bout de 6 années d'application de l'aménagement, la municipalité de
Breitenbach s'est inquiétée de la disparition rapide des gros bois et s'est interrogée sur
l'exactitude de l'inventaire du groupe de régénération de 1973. Un nouvel inventaire a été
effectué en 1982, et après un rapport du Chef de Subdivision de 1984 et une tournée effectuée
par la Direction Technique de l' ONF au printemps 1985, le plan de gestion a fait l'objet d'une
révision approuvée par le Directeur Général de l'ONF le 1er avril 1986! La composition du
groupe de régénération n'a pas été modifiée, mais la possibilité-volume a été ramenée de 2
420 m3 à 1 350 m3.


Volumes récoltés.

Le bilan des exploitations par parcelle figure en annexe.

Surfaces régénérées.

La surface régénérée au cours des 20 dernières années est de 106,3ha, soit 93% de la
surface prévue. Les surfaces non régénérées, soit 7,3ha en parcelles 21 et 31 seront incluses
dans les futurs groupes de régénération et de protection.

Conclusion.

L'aménagement en vigueur a été correctement appliqué. La régénération est réalisée à
93% en surface. Les volumes coupés dans le groupe de régénération sont difficilement
comparables aux prévisions, compte-tenu des erreurs commises lors de l'inventaire de 1973.
Dans le groupe d'amélioration, les réalisations ont été supérieures aux prévisions ; ceci est dû
à l'intensification des prélèvements au cours des martelages depuis une dizaine d'années. Les
essences de reboisement ont été correctement choisies, dans un but de diversification et de
bonne adaptation aux stations.
La durée d'application (20 ans) semble être la bonne et peut être reconduite. Le
traitement en futaie régulière convient à la forêt et peut être maintenu sur les 9/10èmes de la
forêt. La méthode du groupe de régénération strict, justifiée par une volonté de régularisation
des parcelles, peut cependant être remplacée par la méthode du groupe de régénération
élargi.


3.2 TRAITEMENT DES AUTRES ELEMENTS DU MILIEU NATUREL.

Néant

3.3 ETAT DES LIMITES ET AUTRES EQUIPEMENTS.
(voir carte des équipements)

3.3.1 Matérialisation des limites périmétrales.

Les limites, d'une longueur totale de près de 38 kilomètres, sont matérialisées par des
bornes portant parfois des numéros, ou par des marques sur rochers, croix ou numéros. On
dénombre 653 bornes ou marques.
Le bornage a été partiellement revu au cours des années 1994/95. Il serait urgent de finir
cette révision.

3.3.2 Equipements de desserte.

La forêt comporte 8,5 km de routes forestières revêtues, 20,9 km de chemins forestiers
empierrés ou en terrain naturel, soit un total de 29,4 km de voies accessibles aux grumiers
(5,5km/100ha), et 19,9 km de pistes de débardage accessibles aux seuls tracteurs
(3,7km/100ha). Le détail figure au sommier de la forêt.

Un nombre important de routes, tout en faisant partie du domaine privé de la Commune,
est ouvert à la circulation publique et dessert des résidences, principales ou secondaires, des
fermes-auberges, et des sites touristiques. Parmi elles, la route du Petit-Ballon, dans le canton
du Steinberg, est très fréquentée, en toutes saisons, et son entretien nécessite un gros effort
financier de la Commune.

3.3.3 Equipements cynégétiques.

Les équipements cynégétiques (chalet de chasse, miradors, places d'affouragement) sont
à la charge des Adjudicataires.

3.3.4 Equipements d'accueil du public.

On trouve en forêt:
- 9 km d'itinéraires balisés et entretenus par le Club Vosgien, dont 3 sur les sentiers, le
reste sur les pistes et chemins
- 8 km d'itinéraires de VTT (vélo tout-terrain) empruntant essentiellement les pistes et
chemins
- 3 places de pique-nique entretenus par la Commune.

4. SYNTHESES : OBJECTIFS, ZONAGES, PRINCIPAUX CHOIX.

Durée d'application de l'aménagement : 20 ans, 1995 - 2014.

Cette durée, relativement longue, a été fixée pour permettre de régénérer naturellement
les vieux peuplements mitraillés. En effet, la forêt communale de Breitenbach compte encore
35 hectares de peuplements ayant beaucoup souffert de la guerre de 1914-1918. Ces
peuplements doivent être classés dans la partie stricte du groupe de régénération. Comme ils
sont situés pour la plupart dans des sites sensibles, leur régénération artificielle n'est pas
souhaitable. Or nous savons que le sapin est très long à se régénérer naturellement dans les
Vosges haut-rhinoises, d'autant plus que ces peuplements sont encore très fermés. Une durée
d'application d'aménagement trop courte rendrait illusoire un objectif de régénération naturelle
et conduirait probablement à reproduire la sylviculture passée: coupes rases et plantations, ce
que nous voudrions éviter. La structure et l'état sanitaire de la forêt, la continuité des objectifs
et la stabilité foncière nous permettent de reconduire la durée appliquée lors des
aménagements précédents.

4.1 PROBLEMES POSES ET SOLUTIONS RETENUES.

La Forêt communale de Breitenbach se situe principalement dans l'aire de production de
la sapinière-hêtraie vosgienne. Le traitement en futaie régulière qui lui est appliqué depuis plus
d'un siècle lui convient bien et favorise une production élevée de bois de qualité,
principalement de résineux. Nous conserverons donc le traitement en futaie régulière.
Cependant, pour ne pas créer une instabilité que risquerait d'engendrer une trop grande
régularité des peuplements, nous utiliserons la méthode du groupe de régénération élargi
permettant, tout en résorbant rapidement les bois mitraillés, de favoriser la régénération
naturelle (en particulier du sapin), et de conserver les qualités du paysage. Dans le même
souci de stabilité et d'esthétique, le mélange des essences sera systématiquement recherché.

4.2 DEFINITION DES OBJECTIFS PRINCIPAUX : DIVISION DE LA FORET EN SERIES

La Forêt de Breitenbach représente pour la commune une ressource financière
importante. La production ligneuse reste son objectif principal. Située dans la vallée de
Munster qui accueille un public nombreux et varié en toutes saisons, elle remplit également
une fonction sociale importante, qui est tout à fait compatible avec sa fonction de production.
Les parcelles d'altitude où le rôle de protection, physique et paysager, est essentiel, ne sont
pas assez étendues pour justifier la création d'une série individualisée. Elles seront intégrées
dans un "groupe de protection".

En conséquence, la forêt de Breitenbach se composera d'une

Série unique de production,
tout en assurant la protection générale des milieux et des paysages.


4.3 DECISIONS FONDAMENTALES RELATIVES A LA SERIE UNIQUE.

4.3.1 Mode de traitement - Méthode d'aménagement.

La structure idéale préconisée dans les forêts de production est celle de la futaie
régulière mélangée. La forêt de Breitenbach sera traitée en futaie régulière de résineux (sapin,
épicéa, douglas, mélèze, pin) mélangés à des feuillus (hêtre, érable, frêne, chêne).
Le mélange se fera de préférence par bouquets.
La régularisation des peuplements ne sera pas recherchée systématiquement comme
cela a été le cas pendant les dernières périodes. Une certaine irrégularité devra subsister, ou
même être introduite dans les parcelles rocheuses ou en forte pente (parcelles 11 et 31) et
dans les peuplement d'altitude, soit au-dessus de 1 050 mètres environ.
Le maintien de la qualité des paysages forestiers restera également présent à l'esprit du
gestionnaire.
Ces résultats devraient être obtenus par la mise en place d'un groupe de régénération
élargi et d'un groupe de protection.

4.3.2 Essences objectif et critères d'exploitabilité.

Objectif à long terme.

La composition en essences souhaitée à long terme découle des conditions stationnelles,
elles-mêmes liées à l'étage de végétation (cf. 1.4.1). Nous distinguerons 4 étages associés
chacun à des essences-objectif.

Etage collinéen (station dominante: chênaie-hêtraie assez riche). Le chêne est de qualité
assez médiocre. L'objectif sera la production de pin sylvestre (40%) et de hêtre (40%). Le
chêne (15%) sera maintenu en accompagnement avec d'autres feuillus (5%) dont le bouleau et
le châtaignier.

Etage de transition (station dominante: id.). Le sapin fait son apparition et remplace
progressivement le chêne. Compte-tenu de l'exposition ouest, il n'y est cependant pas en
station et doit être traité comme essence d'accompagnement (5%), avec le pin sylvestre (5%).
L'objectif sera la production de résineux à croissance rapide, mélèze (35%) et douglas (35%).
Le hêtre doit leur être associé à un niveau élevé (20%).

Etage montagnard (station dominante: hêtraie-sapinière assez riche). L'optimum forestier
(70% de sapin et 30% de hêtre), sera recherché dans les parcelles les plus riches. Dans les
autres parcelles, on favorisera des essences plus adaptées: douglas en zones rocheuses,
érables et frênes sur éboulis ou en fond de vallon. Toutes les autre essences présentes seront
maintenues pour conserver une bonne diversité. L'objectif sera le suivant: sapin (60%), hêtre
(20%), douglas (10%), érables et frêne (10%).

Etage montagnard supérieur (stations dominantes: hêtraie-sapinière assez riche et
hêtraie d'altitude peu acide). L'épicéa (30%) devient essence objectif et remplace
progressivement le sapin (30%), toujours avec le hêtre (20%). On conserve en essences
associées le mélèze (10%) et les érables (sycomore et plane) auxquels s'ajoutent le sorbier
des oiseleurs et l'alisier blanc (10%) .

Les feuillus divers, souvent spontanés, seront conservés dans leur milieu, où ils peuvent
jouer un rôle important de complémentarité, surtout en peuplements purs. Il s'agit surtout du
merisier, et accessoirement des aulnes glutineux, tilleuls, trembles et saules. L'orme de
montagne a entièrement disparu.

Critères d'exploitabilité optimum.

L'optimum économique est obtenu en récoltant des grumes résineuses de classe 3 et
plus, c'est à dire d'un diamètre médian sous écorce supérieur à 30 cm, ce qui suppose un
diamètre sur écorce à hauteur d'homme supérieur à 50 cm pour les essences à écorce fine et à
55 cm pour les essences à écorce épaisse. Le diamètre d'exploitabilité des sapins et épicéas
est donc fixé à 50/55 cm ce qui correspond à un âge d'exploitabilité de 120/140 ans, et à 55/60
cm pour le pin sylvestre, le douglas et le mélèze, soit des âges d'exploitabilité respectifs de
160 et 100 ans. Les feuillus étant essentiellement des essences d'accompagnement, ils seront
exploités aux mêmes âges que les résineux qu'ils accompagnent.

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